Summertime

Juin 2014.

Juin 2014: Le club des beaux-frères solidaitres ayant réparé notre canot percé, une grande traversée du lac au chalet fut aussitôt organisée. Summertimme.... and tehe liing is easy...

Le club des beaux-frères solidaires a recousu notre canot percé. Été 2014, considères-toi inauguré!

L’été. Cette chose si brève au Québec. Les guimauves grillées, juste dorées, pas flambées, sur le feu de bois craquant. La sitelle, pendue tête en bas à la mangeoire. Les enfants troquant l’habit de neige contre des maillots garnis de superhéros.

La peau de mon chum prend sa couleur biscuit.  Miam! miam! Pour leurs 50 ans tous neufs, mes soeurs jumelles nous surprennent en s’habillant à l’identique pour la première fois de leur vie. Ma soeur cadette et son amoureux, descendus du Lac St-Jean,  débarquent du Westfalia, guitares et harmonicas à la main. Les petits garçons jettent des cailloux dans l’eau. Les chiens s’ébrouent dans le lac malgré l’interdiction, tel un péché canin.

Ah oui, et j’oubliais. Princesse rebelle procrastine l’écriture du prochain texte. Et la culpabilite aigüe évolue vers la chronique! Si si, la retraite de mon ancienne vie professionnelle me procure ce temps convoité pour clore le récit. Ce récit là. Mais de l’ordi du boulot à l’ordi de la maison, un temps d’arrêt s’impose. En synchronisme avec l’été, dans lequel s »ébrouer comme le chien de mon petit-fils, Batman, je marche des heures sans but, je joue dans la terre, déplace les rudbeckias. Nous faisons fumer du saumon sur une planche de cèdre dans le BBQ, tout en échangeant sur le pas de la porte avec la voisine. L’été ouvre toutes grandes les portes de la maison à la famille, aux amis, afin de nous raconter les épisodes manqués de l’interminable hiver dernier.

Tout de même, bonne bête, vaillante, je brasse le terreau, jongle avec les souvenirs épars de l’épisode radiothérapie, réparti sur tout le mois d’octobre 2007. Le parc Lafontaine traversé quotidiennement vers la cabine blindée du 5ième sous-sol de Notre-Dame. Le petit resto asiatique où je me vengeais avant les rayons dans une soupe repas géante. Les images, les mots… Je  les assemble, les détricote, les brode, les effiloche, puis les ré-enfouis dans le panier de couture en vue d’une journée de pluie.

J’échafaude, de temps à autre, un projet de version livresque du récit, avec mes amis Louise et André, des pros du domaine. N’y voyais, à prime abord, aucun avantage. C’est vrai quoi, le lectorat actuel me convient très bien. Tout doucement, pénarde, avec vous, je poursuis ma démarche livresque… ou mon rythme liévresque?

«Ayant, dis-je, du temps de reſte pour brouter,

Pour dormir, & pour écouter

D’où vient le vent ; il laiſſe la Tortuë

Aller ſon train de Senateur.»¹

Et s’accroche le disque: comment clore un récit-web? Rien ne vous y oblige, nulle ligne d’arrivée ne s’y dresse, contrairement au tracé du Tour de France, suivis ici en rediffusion le soir. Et si les athlètes du maillot fluo la traversaient cette ligne, et continuaient tout bonnement de rouler? Et si je l’avais traversée sans la voir?

Mais le web? Vous risquez d’y tourner en piste jusqu’à ce que mort s’en suive. À 105 ans, rachitique et édentée, les doigts perclus d’arthrite scotchés au clavier  (remarquez l’optimisme pronostique d’une rémissionnée de 6 ans, pour laquelle  une année à la fois suffisait il y a peu!).

Personne ne vous arrache de l’écran. Et le lecteur perdu, exaspéré d’attendre le dénouement, se trouve aussitôt remplacé par un autre: «Chère princesse, je viens de découvrir ton blogue…».  Cependant, j’aimerais bien lui offrir une conclusion digne de ce nom à ce patient et fidèle lectorat!

Il est question de mandater un bon ami, prof émérite de français et de littérature,  pour traquer la faute et la coquille, épurer, surveiller la transposition du virtuel au papier, etc. Je l’envisage à présent, le bouquin papier, l’aboutissement de cette promenade un peu longuette avant la fin du siècle.

Au fait, un livre un pas?  Qu’en dis-tu lectorat fidèle?

Outre la procrastinationite, votre toute dévouée s’éparpille dans mille activités disparates, affairée à ses propres et joyeuses épousailles en mai, arpentant les rues et les musées de Manhattan et de Brooklyn en juin, participant à une retraite Art and Yoga  en Floride en juillet, et à admirer Poupou premier, lequel sait à présent nager avec grâce comme sa dauphine de maman. Exit la maladie pour l’instant dans sa vie, déjà passablement consacrée à se soigner et à acccompagner l’entourage, etc. Reprendre des forces à même le plaisir de vivre, entre les épisodes, voilà sa mission actuelle.

Car le temps qui passe, comme le bien nommé blogue de cette fabuleuse Pernelle (http://lacrabahuteuse.fr/), ne réduit en rien le nombre de petits et grands bobos s’attaquant à l’entourage. Les amis passent de la quarantaine à la dizaine suivante, puis quelques-uns franchissent la soixantaine. Soudain les parents, les tantes, les beaux-parents, atteignent la quatre-vingtaine, et les rencontres recèlent toute l’intensité conférée au présent, lorsque l’étendue potentielle de ce dernier rapetisse. Et de plus en plus d’amis et de parents, récemment plongés dans le fameux combat de survie, rendent ma galère bien désuète en actualité.

Et le temps s’écoule en cet été 2014 de mes 6 ans de rémission. Car la mammographie d’avril s’est de nouveau affichée sans tache sur l’écran de la docteure B.

IMG_7142 IMG_7202 IMG_7156 IMG_7137 IMG_7197

«Summertime and the livin’ is easy

C’est l’été et la vie est facile

Fish are jumpin’ and the cotton is high

Les poissons bondissent et le coton est haut

Oh your Daddy’s rich and your ma is good lookin’

Oh ton papa est riche et ta maman est belle

So hush little baby, don’t you cry
Alors chut, petit bébé, ne pleure pas

One of these mornings

Un de ces jours

You’re goin’ to rise up singing
Tu te lèveras en chantant

Then you’ll spread your wings
Puis tu déploieras tes ailes

And you’ll take to the sky
Et tu te réfugieras dans le ciel

But till that morning
Mais d’ici là

There’s a nothin’ can harm you
Il n’est rien qui puisse te faire du mal

With daddy and mammy standin’ by
Avec papa et maman à tes côtés

Summertime and the livin’ is easy
C’est l’été et la vie est facile

Fish are jumpin’ and the cotton is high
Les poissons bondissent et le coton est haut

Oh your Daddy’s rich and your ma is good lookin’
Oh ton papa est riche et ta maman est belle

So hush little baby, don’t you cry
Alors chut, petit bébé, ne pleure pas».

Louis Amstrong

Calez-vous dans votre fauteuil, montez le son et offrez-vous une pause détente avec la version de votre choix, de Ella à Norah, en passant par Janis… Quant à moi, fan des trois, je crois bien que Janis  demeure ma favorite.

Affectueusement,

Votre toute dévouée.

Lièvre d’Amérique

¹Le lièvre et la tortue, Jean de La Fontaine.

Qu'en pensez-vous ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s